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Historique

Originaire de la région de Chantilly et de Meaux, Robert Levy (1741-1813), porcelainier et chiffonnier (producteur de tissus) habitait un château à Gonesse, vendu en 1899, et son épouse, Berthe Minier s'exerçait à la décoration sur porcelaine (peintre en émail).

Ils eurent un fils, Michel Levy (1789-1819) faïencier ou porcelainier époux de Victoire Ployard.

Pour aider son épouse, Robert Levy acheta un atelier existant (aux environs de 1810), puis des formules de production d'émail,  et lança une activité d'émailleurs en porcelaine.

En 1820 il acheta des formules à la famille Leblond (1820) pour les "blancs à cadran".

Puis le fils de Michel, Denis Levy (1813-1873) époux de Joséphine Victorine Lebrun (1803-1873) développa cet atelier pour en faire une industrie.

Il racheta des formules à Monsieur Dragos (en 1840), puis à Léon Martin dans le Quartier du Temple, ainsi qu'à un alsacien et à un Ukrainien.

Il acheta vers 1840 un terrain de culture d'oignons, car sa tante habitait le lieudit « lin court », dépendant du village de « Pintin » devenu respectivement le Pré Saint Gervais (capitale du verre cassé) et Pantin, chemin des carrières d’Amérique.

 Il y fit construire une  maison et l'usine du Pré, devenu finalement après la guerre de  39-45 le 24 rue d’Estiennes d’Orves, où il mourut.

Leur fille, Marie Victorine Ester Levy (1836-1901) épouse Louis Soyer (1833-1876) fils de Stanislas, Charlemagne Soyer.

Louis Soyer, originaire d'une famille d'agriculteur près de Meaux, avait une activité "industrielle" autour de la faïence au village de "La Vilette" (devenue à Paris 19ème, la rue de Flandres actuelle).

L'affaire deviendra "Entreprise SOYER".

Leur fils Denis-Georges Soyer (1860-1935) époux de Berthe Cabourdin (1862-1957) développera l'affaire. Au Musée d'Anvers, il existe encore une collection d'émail type celle de Denis Soyer qui sert encore de référence aux diamantaires.

 Le fils de ce dernier Louis –Edouard Soyer (1894-1940) époux de Marie Louise Bignier (1898-1965) lui succédera.

 

Suite à un incendie, il reconstruira en 1928 l'usine du Pré Saint Gervais en métal et briques alors qu'elle était originellement en bois.

L'usine devient "Etablissement SOYER"

             

 

L'usine fabriquait elle-même ses creusets qui étaient à l'origine ouverts, fermés au besoin puis à la fin passa au creuset fermé.

 Elle possédait un four à charbon d'avant guerre, un four à fioul d'avant guerre et un d'après guerre. Pour mesurer la température du four on utilisait des "montres" en triangle.

L'usine possédait des machines à vapeur en remplacement des chevaux et la production était de 120 kg jour du temps de Louis Soyer et 250 kg jour du temps de Jacques Soyer.

En 1900 l'usine employait 140 salariés, les ouvriers commençaient à 6 ans et les meilleurs apprenaient le travail à la canne.

L'entreprise vendait dans le monde entier et exportait à plus de 80%

La grande spécialité était les strass (notamment ceux offerts par Bokassa à Monsieur Giscard d'Estaing). Pendant la guerre, il fallu utiliser les monceaux de strass stockés dans les caves de l'usine. En faisant les faisant refondre,  la partie précieuse se détachait et les scories étaient recyclées. Durant la guerre la Société exportait dans le monde entier mais pour une production très limitée.

Au 19ème siècle Les EMAUX SOYER très proches de leur concurrent anglais envisagèrent de s'associer et se partagèrent les spécialités  (au 20ème siècle ils se partageront un peu l'Europe avec leur concurrent allemand).

L'usine fabriquait également des rubis synthétiques dont le dernier de 284 kg fut vendu à Kaboul, coupé en 2 pour le transport en raison des pillards.

Les œufs de Fabergé étaient décorés avec des combinaisons d'émail SOYER et de pierres précieuses. A sa création, la légion d'honneur était émaillée avec un rouge SOYER et de vrais diamants.

Le premier objet (soviétique) envoyé sur la lune comportait de l'émail SOYER.

Pendant la guerre de 39-45 les Emaux Soyer continuaient de recevoir de l'uranium pour le jaune.

Louis-Edouard Soyer meurt en 1940, en tant que capitaine de l’armée française en Zélande et sa veuve,  avec l’aide des employés, assumera l’entreprise jusqu’au milieu des années 50.

Leur fils, Jacques Soyer né en 1928 et époux de Chantal Leguil, formé au métier de « maître verrier » par les vieux compagnons, put prendre la relève et changea le nom en "EMAUX SOYER".

En 1970, il s'associera en joint venture à la société CERADEL de Paul Coiffe et déménagera, près de Limoges, à Condat sur Vienne (87920) au Moulin de Saint Paul puis se retire de l'entreprise.

3 ans plus tard Jacques Soyer tentera de relancer une fabrication artisanale de poudre d''émail à Crouy sur Ourcq sous le nom de "Technique et Email Jacques Soyer" mais une grève électrique détruisit son premier grand creuset et ruina ses espoirs et ceux de ses nombreux clients.

Bernard CHARLES–LAVAUZELE, gendre de Paul COIFFE reprend l’affaire et crée le 1er janvier 1979 La Cristallerie de Saint Paul. Après son décès en 1999, sa veuve exploitera 1 an, avant de vendre à Monsieur Franck Dufour.

Celui-ci continuera la fabrication des émaux Opaques, Opales et Transparents et redonne de l'importance aux EMAUX SOYER.

 

 

 Franck Dufour et Jacques Soyer